You are currently viewing Douleur ne signifie pas toujours lésion

Douleur ne signifie pas toujours lésion

[vc_row margin_top= »-50px »][vc_column][vc_column_text]

Voici la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP),

« la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes ».

La douleur aiguë est utile et bénéfique : elle joue un rôle d’alarme qui va permettre à l’organisme de réagir et de se protéger face à un stimulus mécanique, chimique ou thermique. Mais quand la douleur est chronique, ce mécanisme d’alarme n’est plus justifié (hors pathologie).

Il faut rappeler que la douleur est avant tout une perception, elle est donc subjective. En effet, elle peut être interprétée par le cerveau de façon différente par deux personnes pour une même stimulation. Elle peut également être ressenti avec une intensité différente pour une même personne avec une même intensité de stimulation : le contexte environnemental et psychique jouant un rôle prépondérant sur l’interprétation de la stimuation. Cela s’explique par le fait que douleur et émotions sont etroitement liés au niveau du cerveau (démontré par l’imagerie cérébrale).

Voici quelques histoires illustrant ce phénomène :

Aron Ralston, alpiniste tombé dans un ravin a pu se couper l’avant bras pour sortir de son piège. (cf livre « plus fort qu’un roc » film « 127 heures »).

Nous pouvons aussi relater le cas de surfeurs n’ayant ressenti leur morssure de requin qu’une fois arrivée à la plage. Avec l’urgence et l’adrénaline le cerveau décide de ne pas ressentir la douleur pour permettre la survie.

Inversement, on peut relater l’histoire du cordonnier hurlant de douleur à la vue d’un clou traversant sa

 

chaussure. Ce n’est qu’une fois arrivé aux urgences qu’il s’aperçut que le clou avait effectivement percé sa chaussure mais est passé entre deux orteils sans aucune lésion ! Le cerveau a anticipé un danger.

Enfin, L’algo-hallucinose c’est-à-dire le syndrôme de la douleur fantôme est aussi un cas de douleur sans facteur provoquant externe. Il s’agit de personnes décrivant des perceptions douloureuses sur des membres amputés.

Il est important de préciser que la douleur est toujours réelle, et bien ressentie, ce n’est que le danger qui n’est pas toujours présent.

Ces histoires représentent des cas particuliers, mais de très nombreuses études démontrent que lésion tissulaire et douleur ne sont pas liés :

Une étude a été réalisée en 2003 sur 5 ans portant sur une population d’athlètes professionnels lanceurs (baseball et tennis). Sur toute la durée de la recherche, aucun athlètes ne présenta ni de douleur ni de symptômes problématiques sur l’épaule. Or d’après les examens, 40% présentent une déchirure partielle ou totale de coiffe sur l’épaule dominante, toutes les épaules non dominantes étant saine.

Référence : Connor et al 2003 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12975193

Une autre étude a fait sensation en 2014 : Elle a pris 3110 sujets asymptomatiques (sans douleur). Ces patients ont été classés selon leur âge. Les résultats remettent totalement en cause le modèle biomédiacale classique : en effet, à 40 ans, 50 % de la population de l’étude présente une hernie discale, et à 70 ans c’est 80% de la population. Il n’y a donc pas de lien valable entre douleur et viellissement du squelette.

Référence : Brinjikji et al 2014 (http://dx.doi.org/10.3174/ajnr.A4173)

Ces études nous apportent un autre regard sur les examens complémentaires et sur la prise en charge de la douleur.

Nous savons aujourd’hui que les facteurs environnementaux et psycho-sociaux sont des facteurs prédictifs de l’apparition de la douleur et facilitateurs de la douleur chronique.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]